Et si on s’arrêtait pour jouer ?

Récemment, plusieurs conversation et observations m’ont mené à me poser la question :

Jouons-nous trop aux jeux vidéo ?

De but en blanc, la question paraît pour le moins cocasse. En effet, si on a l’impression de trop jouer aux jeux vidéo, il ne tient qu’à nous de jouer moins.

Mais en fait, il y a un sens caché à cette question, et une conversation que j’ai eue sur Twitter ainsi que le papier “Au secours, les jeux vidéo m’ennuient”  du Canard PC (CPC) n°330 m’ont donné envie d’écrire ici le fond de ma pensée.

La conversation sur Twitter avait pour sujet principal “Ne trouvez-vous pas que trop de jeux sortent en même temps ?”. Cette discussion ayant eu lieu durant le dernier trimestre 2015, elle semble légitime. Il y a en effet eu de nombreux gros jeux qui sont sortis durant l’année, certains demandant énormément de temps, rien que pour en voir le bout.

Pour ce qui est de l’article de CPC, je n’aurai pas l’outrecuidance de le retranscrire ici, mais il parle de cette lassitude que l’on peut ressentir à l’idée de jouer à un jeu, alors que cela devrait nous faire plaisir. Il y est aussi expliqué comment faire face à cette malédiction.

liste-steam
Cachez cette liste que je ne saurais voir !

La question Twitter est l’une des possibles causes de cette blasitude qui parfois s’empare de vous. Les faits sont là, l’industrie du jeu vidéo produit de plus en plus de jeux. Entre les gros studios qui annualisent leur licence pour en profiter le plus possible et les indépendants qui nous fournissent à boire et à manger – parfois même des denrées avariées – en continu, un seul joueur ou joueuse ne pourrait faire l’ensemble de ces jeux tout en faisant autre chose de sa vie.
De plus, les enfants que nous étions gagnent maintenant leur vie (ou presque). On peut donc s’acheter tous les jeux dont on rêve (ou presque). Mais ce faisant, on n’a pas le temps d’y jouer. Ou plutôt, d’y jouer sérieusement. Ce qui est fort dommage, car nous savons tous que les jeux les plus savoureux ne sont pas comme un bon plat. Le plaisir n’y ait pas forcément instantané. Combien d’heures devez-vous passer sur City Skyline pour enfin avoir une ville dont vous pouvez être fier ? Et durant ce temps, vous ne pouvez pas finir le CoD ou l’Assassin’s Creed de l’année. Et c’est ainsi que vous vous retrouvez devant une liste de plus de 100 titres steam, sans savoir sur lequel cliquer. Ça m’est arrivé, ça vous est surement arrivé et, si ce n’est pas votre liste steam, ce sont ces boîtes de jeu devant lesquelles vous restez bloqué, sans savoir à quel saint vous vouer.

Comment faire pour que ce loisir, si cher à notre cœur, qui fait remonter en nous tant de souvenirs agréables, garde la place que nous souhaitons lui donner ? Je ne dirai qu’une chose :

Arrêtons de faire la course avec les éditeurs.

C’est une de mes récentes résolutions. Et contrairement à celle de me remettre au sport, je compte bien m’y tenir. Avec deux blogs à nourrir (et qui sont en hypoglycémie la plupart du temps), des séries à regarder, une pile de livres à lire, je dois faire un choix. Pas forcément celui de jouer moins. Mais celui de jouer mieux. Ou tout du moins, plus intelligemment. Je me suis donc concocté une liste de jeux à finir. Je m’astreins à ne jouer qu’à un seul de ces jeux à la fois et j’y joue jusqu’à ce que je pense en avoir fait le tour. Cette durée peut évidemment énormément varier d’un jeu à l’autre, mais c’est ce que j’ai fait pour Metal Gear Solid V et Fallout 4 et ça fonctionne. Je n’ai joué qu’à ces jeux-là. Je les ai saignés. Maintenant ils sont rangés bien au chaud, et je ne les ressortirai que si je veux recommencer une partie.

Vous allez me dire “mais qu’est ce que ça change ?”. Eh bien tout simplement, je n’hésite plus devant ma liste de jeux. Je sais auquel je vais jouer et j’ai l’impression d’avoir de nouveau le temps de jouer. Temps que je n’avais jamais perdu – sauf peut-être en hésitation – mais, à vouloir jouer à tout, on en oublie de jouer pour de bon. Rien n’est meilleur que le sentiment d’avoir fini un jeu ou, en tout cas, d’en avoir vu tout ce qu’on voulait en voir. Grâce à ça, je ne regretterai jamais plus de mettre un jeu dans ma console en pensant à cet autre jeu que j’ai délaissé trop tôt.

Donc voici mon conseil : n’achetez pas tous les jeux qui sortent. Et n’achetez surtout pas un jeu dont vous savez qu’il vous prendra du temps, si jamais vous avez déjà un autre jeu sur le feu. Ne pas avoir le jeu day one ne fera pas de vous la risée de Twitter. Et quand vous l’aurez enfin acheté, vous pourrez lui faire sa fête, comme il le mérite surement. Alors évidemment, la vie est faite de choix et de compromis. Un jeu que vous attendez depuis des mois, voire des années, pourra passer en haut de votre liste. En revanche, si tous les jeux qui sortent arrivent en haut de votre liste, demandez-vous si vous ne passez pas un peu trop de temps à choisir un jeu et arrêtez-vous pour jouer pour de bon.

Arrêtez-vous pour jouer pour de bon.

NB : Si vous achetez tous les jeux qui sortent et que cela vous convient, grand bien vous fasse ! Je ne vous juge pas. Je voulais juste vous faire part de mon expérience personnelle. Le principal, c’est que vous preniez plaisir à démarrer votre machine vidéo-ludique.

5 commentaires sur “Et si on s’arrêtait pour jouer ?Ajoutez votre →

  1. Quel excellent article dont j’aurais pu prendre le sujet et écrire à mon tour dessus ! J’ai adoré de bout en bout 🙂

    “Ne pas avoir le jeu day one ne fera pas de vous la risée de Twitter”

    Je pense tellement que cette phrase devrait être placardée en gros dans les esprits de chacun. Je vois trop de messages à mon goût ressemblant plus à de la vantardise qu’autre chose, comme si certaines personnes avaient “peur” d’être mal vues car elles n’ont pas le day one d’un titre dont tout le monde parle.

    Mais WTF quoi, attendez un peu, le jeu sera moins cher et les premiers bugs seront corrigés. Et puis qui sait, ce fameux jeu que vous attendiez est peut-être en réalité une bouze bien sale …

    Cette résolution j’essaie de la tenir depuis l’année dernière, et comme toi je redécouvre des sensations à finir mes jeux 🙂 D’ailleurs tu décris très bien le “je ne me demande plus à quel jeu je vais jouer, je n’en n’ai plus qu’un en cours”, je suis pareil, avec 2 jeux actuellement ^^’

    Encore bravo pour avoir couché cet article !

    1. Merci merci ! Un commentaire comme ça ça faisnchaud au coeur ! 🙂
      D’autant plus quand j’apprends que mon analyse est partagé. ^^

      Malheureusement pour ce qui est de la partie “je m’affiche sur le net” la tendance n’est, je pense, pas prête de s’inverser. Avec les éditeurs qui poussent un max pour que le premier venu leur fasse de la pub caché et/en gratuite… Après il ne tiens qu’à nous de ne pas nous vendre, mais la recherche de notoriété est je pense bien plus forte que ça 😉

      Encore merci ! J’espère être autant inspiré pour d’autre futur sujet ! 😀

  2. J’ai pris exactement la même résolution depuis MGSV ! Chouette article qui remet les joueurs trentenaires que nous sommes dans une réalité où nous pouvons plus jouer autant qu’avant donc à nous de jouer mieux ! ????

    1. MGSV à été pour moi la première “épreuve” pour cette nouvelle façon de jouer. Je m’attendais à un jeu dont la durée de vie se rapprochait de celle de ses prédécesseurs. Grossière erreur !
      Mais j’ai tenu bon, même si le jeu à parfois mis ma patience à rude épreuve ^^

  3. Très bon article et piste de réflexion intéressante! Je pense qu’effectivement c’est un problème de notre génération, on est exposés à tellement de choses qu’on s’y perd un peu. C’est vrai pour les jeux et pour les autres formes de média d’ailleurs, personnellement je trouve ça de plus en plus difficile de suivre toutes les séries qui me plaisent par exemple… Comme tu le dis, il faut essayer de se maîtriser en n’achetant pas tout ce qui sort et en arrêtant de commencer mille jeux en même temps mais ce n’est pas facile ^^! En ce qui me concerne, j’essaie aussi de jouer à des jeux pas trop longs et de ne pas perdre du temps avec les quêtes annexes tout ça… mais c’est un peu triste de penser comme ça x’).

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